mercredi 7 octobre 2009

Souvenirs d'été

Trame urbaine

Petit déjeuner sur le patio. J’écris ça et si je suis lu, on pourrait même croire que j’ai une vue sur la mer ou sur la montagne, sur le lac ou sur la forêt. Mais non, je suis au coeur d’une cour arrière dévastée par des rénovations et par l’installation d’un nouveau champ d’épuration.

On appelle ça des améliorations locatives. Bonté divine ! Comment se fait-il qu’en voulant améliorer, donner un petit coup de pouce à la vie, il faille, par la même occasion, éprouver les alentours ? Pourquoi cette volonté d’évoluer, de changer, de modifier et d’adapter le cœur des choses à une nouvelle réalité a-t-elle une influence nette sur la périphérie ? Ce doit être l'effet miroir ou boomerang ou l'effet de serre... effectivement qu'il faut maintenant se serrer la ceinture, comme disait mon père.

Comme l’œil est sélectif, j’aime quand même être sur ce balcon, disons un patio, ça fait plus chic. De toute manière, c’en est un. J’aime le soleil dans mon dos. J’aime mon chum qui dort. J’aime qu’il dorme en ce moment, ça me procure ce doux moment de solitude et de bien-être.

Un oiseau chante. Oups, il crie. Oui. Je ne peux pas qualifier ce bruit de chant. Oups ! Il s’arrête. Peut-être l’ai-je insulté. Comme la pensée crée... J'imagine que je n’apprécie pas sa mélodie à sa juste mesure. Et peut-être est-il simplement désaccordé. Toutefois, il y a une symphonie aussi chez mon voisin, leurs puissantes notes se rendent jusqu’ici.

J’entends des voix, aussi. Je me croirais sur un terrain de camping, tôt le matin. La proximité heureuse de la jeune matinée. Le voisin n’a pas fini son café. Bien heureux sont ces voisins, car, aussitôt qu’il aura ingurgité sa dernière bouche de toast au Nutella et fait cul-sec avec son Nescafé, les fourmis dans les jambes, il s’affairera à remonter tout ce qui se trouve sur son super véhicule de travail. Il est un rénovateur. Je n’ai pas écrit novateur. Il ne faut pas s’y méprendre. Il tente, étés après étés, de réparer, rafistoler, bricoler et récurer tout son attirail avec lequel il travaille : son camion et ses outils, dont un super lift hydraulique qui s’élève au-dessus de notre haie de cèdre de 15 pieds. Trois fois par été, au moins ou peut-être plus, je n'ai pas compté, il nous pompe les narines avec son incursion dans notre vie privée en s’offrant une vue imprenable sur nos hamburgers-salade. Rien de mieux qu’un sourire garni pour confronter son regard.

Un peu de lubrifiant ici, de l’huile autour, ajustement par là et hop ! Le tour est joué. Et pourquoi ne pas faire tout ça sous l’œil éprouvé de sa voisine, en l’occurrence moi-même. C’est l’histoire de mes nouveaux étés bien entourés dans une simili banlieue.

Tasse de café au lait à la main, un journal bien étalé sur ma table de patio, le soleil, une légère brise, le paradis, quoi ! L’enfer de la mécanique fissure l’auréole qui flotte au-dessus de mon parasol. Je n’entends plus une seule ligne de Foglia ou de Pétrowsky. La symphonie des oiseaux est étouffée par le baroque tintamarre de Monsieur Réno. Plus débrouillard que ça, tu meurs ! Et bien moi, je meurs d’envie de lui louer un camion de déménagement.

1 commentaire:

Unknown a dit…

éh! La Tablée populaire va marcher en Toscane au printemps prochain, pour plus d'info voir ton chum pis les reportages du cable :-)