vendredi 2 octobre 2009

Lever les voiles

Le petit garçon regarda l’étoile et se mit à pleurer. L’étoile lui dit : « Pourquoi pleures-tu ? »
Le garçon lui répondit : « Tu es trop loin, je ne pourrai jamais te toucher ! »
Et l’étoile lui répliqua : « Petit, si je n’étais pas déjà dans ton cœur, tu ne serais pas capable de me voir ! »
John Magliola

L’objet du regard reflète l’état intérieur. Mais, des fois, on n’y voit rien !

Je m’imagine, au cours de ces journées où tout va de travers… Où les choses ne vont pas assez… Où les gens sont trop… Où rien ne va ou à peu près. Je m’imagine que l’extérieur n’a rien à voir, finalement.

Tout comme les événements, les gens, les lieux qui nous entourent, l’étoile dans le ciel, n’est-elle pas toujours la même ? Qu’elle nous apparaisse brillante, loin ou qu’on la cherche inlassablement sans la retrouver dans tout ce fouillis de comètes et de voies lactées, (surtout quand on ne s’appelle pas Hubert Reeves), et bien je réalise que ce doit être aussi le fouillis dans mon cœur, en ces moments-là.

Ce matin, la voie lactée a besoin d’un petit époussetage. J’y vois moins la brillance. Et l’étoile du Petit Prince me dira qu’elle brille tout autant et que le brouillard est dû au voile qui est collé à ma cornée coronaire et non à la couche d’ozone qui mute en couverture de ouate.

Jour et nuit, le petit garçon du poème a accès à son étoile, puisqu’elle est logée en son cœur. Il peut la contempler à tout moment. Il peut s’y ressourcer au besoin. Elle est belle, cette étoile, parce qu’elle est regardée par ce petit garçon-là, avec ces yeux-là, par ce cœur-là, à ce moment-là. Même s’il ne la voit pas.

Sans vraiment savoir dans quel état est mon télescope intérieur et avec quels yeux ma journée commence, je jette un regard sur ce qui m’entoure et, finalement, ça m’en dit long sur mon état intérieur et sur les filtres qui rendront cette journée agréable, difficile, fluide, triste ou simplement vivante.

Et si le voile persiste parce qu’il a simplement besoin d’exister, de la main, je peux en écarter les traînées opaques et choisir de créer un éclairci qui m’aidera à mieux y voir clair, tant dehors que dedans. Bien en main, le voile ne fait plus obstacle. Bien en main, il est là, dans ma paume et je le tiens. Bien en main, j’accueille son existence et je choisis de vivre cette journée avec lui et de le reconnaître sans vouloir à tout prix l’exterminer. Bien en main, l’œil dans l’ouverture, j’y vois déjà mieux.

1 commentaire:

Unknown a dit…

toujours un plaisir de te lire :-)