lundi 12 octobre 2009

L'eau bénite

Il fut un temps, pas si lointain, où le virus du Sida teinta la réalité sexuelle de toute la planète. Les uns se foutaient de tout risque possible, les autres furent terrorisés par la mort, par la souffrance surtout et par la décrépitude de la vie via l’acte dit amoureux. La culpabilité s’érigea sur son piédestal judéo-chrétien empoisonnant la sexualité d’une planète occidentale qui tentait, avec difficulté toutefois, de se libérer du joug religieux. Le Sida est devenu, par surcroît, une arme, une cause, une crainte, un génocide…

Les années passent et se ressemblent. Nous voici en 2009 devant un fléau hors du commun, encore une fois, la grippe A H1N1. Qu’elle soit une arnaque, une conspiration ou la réalité toute crue, qu’elle active la peur ou la prévention, virtuelle pour les uns et manifeste pour les autres, personne ne demeure indifférent. C’est une préoccupation, voir une occupation ou une manipulation. Chacun y va de sa théorie sur la situation mondiale en prenant soin d’exprimer son point de vue et sa position sur la vaccination massive qui est à nos portes.

Pendant ce temps, l’Église retire graduellement l’eau bénite de ses temples de prière et d’évangélisation. Quoi en penser ?
Pendant ce temps, on modère les accolades et les poignées de main aux rassemblements de l’Action de Grâces.
Pendant ce temps, on évite même les rencontres sociales.
Il semblerait que tous ces moyens sont préventifs et permettent une meilleure gestion microbienne en évitant, justement, de les rendre accessibles à tous.

Alors que le Sida a pu renforcé la pudeur, la méfiance et la crainte de mourir par la sexualité, qui est l’ultime acte de fusion de la matière et de l’âme et le siège de la créativité, est en train de naître actuellement une hystérie de la proximité, du contact et des relations sociales si précieuses à l’expansion et l’expression humaine. Le toucher est l’un des premiers sens à se développer chez le fœtus. Le toucher sain est essentiel à la vie, autant que l’eau saine.

Qu’en est-il du discernement ?
Qu’en est-il des réponses à nos besoins primordiaux ?
Qu’en est-il de la peur qui devient le moteur de l’économie mondiale ?
Saurons-nous nous y retrouver ?
Saurons-nous préserver notre immunité morale, affective et physique ?

Aujourd’hui, plus de questions que de réponses.
Toutefois, à travers tout ce que je ne sais pas, je sais que je ne me laisse pas nourrir par la peur. Mes choix reposent sur mes valeurs profondes supportées par différentes sources d’informations et par le discernement que j’aiguise depuis une cinquantaine d’années.

Vivre en résonnance avec ses choix et en assumer tous les aspects, n’est-ce pas ce qui importe ? Car, dans toutes situations, au sein de tous les choix que nous faisons, il y a des aspects positifs bien évidemment, mais aussi des éléments qui nous plaisent moins. Toutes les conséquences de nos choix ne sont pas nécessairement positives, si je puis le dire ainsi. Aussi, malgré nos meilleures intentions, les choix que nous faisons impliquent inévitablement des renoncements, des inconforts et des gains.

Aussi, c’est dans l’ACCEPTATION de tous les aspects positifs et négatifs qui résident au cœur des choix que nous faisons que la paix intérieure existe réellement. Que la paix soit avec vous… et avec votre esprit, disait-on.

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