lundi 7 septembre 2009

Un éclair de génie

Je ne me suis pas levée avec l’invention du siècle bien en main, je me suis plutôt glissé sous les draps sur les élans victorieux de Robert Kearns. Il n’est pas mon amant. Il est l’inventeur de l’essuie-glace intermittent. On plonge dans les années 60.

Le film en question, que j’ai visionné avant d’aller au lit (vous me voyez venir maintenant…), relate la longue bataille de Kearns contre les magnats de l’automobile, en l’occurrence Ford qui, sans reconnaître sa paternité, glisse ce « clignement d’œil » sur le pare-brise de leur nouvelle Mustang prétextant qu’ils sont les inventeurs, les créateurs et les propriétaires de ce qui sera utilisé par 145 millions d’automobilistes à travers le monde de nos jours.

Avec la distance et le temps, une invention telle que celle-ci paraît tout à fait banale. Il y a belle lurette que nous ne remarquons plus l’intermittence de nos essuie-glaces bien que nous en profitions. Et, en aucune façon, nous ne nous exclamons devant une invention aussi commode par jours de pluie. Soyez sans crainte, il ne s’agit pas d’histoire de mécanique automobile ou d’une quelconque valorisation de l’industrie en crise actuelle, mais celle de la reconnaissance personnelle.

Ce Kearns n’a pas lâché, il ne s’est pas lâché. Pendant près de 20 ans, il a revendiqué sa paternité en poursuivant en justice la Ford Motors pour lui avoir impunément volé le droit de reconnaissance sociale. Bien que Ford lui ait offert, à quelques reprises, de régler pour des sommes de plus en plus considérables, Kearns a à chaque fois refusé car la proposition écartait toujours la reconnaissance du vol d’invention et la reconnaissance qu’il en était le créateur. Jusqu’à la fin, devant les tribunaux où il a pris en charge sa propre défense, il a cru en lui. Son invention est une chose, le produit. C’est en lui qu’il a cru et en la bonne foi d’autrui, en l’occurrence le jury.

Ce matin, je me réveille avec le germe de la Foi en Qui je suis. Peu importe les actions, les créations, les intentions, Nous Sommes Qui Nous Sommes et c’est sur cet essence que nous pouvons nous reposer et sur laquelle je peux aussi compter. Tout comme Kearns, nous portons un écusson, visible que par quelques-uns d’entre nous et qui sont de plus en plus nombreux de nos jours. Un écusson sur lequel est gravé : Personne qui fait une différence dans ce monde. Pour sa part, Kearns portait celui gravé du nom d’inventeur. À chacun son écusson.

C’est définitivement ce matin que je me l’accroche à la peau et que je l’arbore fièrement. Bien loin de nous recadrer ou de nous limiter, il nous rappelle notre véritable identité et en informe toute personne qui sait reconnaître l’essence même au cœur de l’Être et qui voit aussi avec les yeux du cœur.

Kearns a éclairé la vitrine de ma vie en mettant en lumière que la création, la créativité, l’invention ne sont qu’un reclassement des matières premières mises à notre disposition sur cette terre. La matière première est à la portée de tous et quand nous replaçons dans des dispositions différentes les mots, les couleurs, les taches, les images, les contours, le courbes, les toiles, les paroles… nous créons un monde différent, nous inventons une vision nouvelle, nous devenons co-créateur.

Replaçons-nous dans une perspective différente en créant une nouvelle vitrine de vie en reconnaissant notre pouvoir et notre essence créatrice. Sans lâcher, sans se lâcher, demeurons au cœur de notre essence créatrice en arborant fièrement notre écusson :

Personne qui fait une différence dans ce monde

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