mardi 8 septembre 2009

Tout comme Yoda

La Presse de ce matin me rappelle que je ne suis pas seule. Robinson Curiosité est bien vivant.

Pour ceux et celles qui n’ont pas suivi l’affaire, comme moi, Claude Robinson est né dans ma vie en même temps que la justice canadienne lui a restitué ses droits de vivre. Cet artiste créateur qui a flirté avec Cinar, il y a 14 ans, a gagné sa reconnaissance à coups de barreau, de dossiers et d’années d’espoir et de désespoir. Cinar a été reconnu coupable, je dis bien coupable, de lui avoir usurpé son projet de dessins animés éducatifs Robinson Curiosité.

Cet homme, aux cheveux grisonnants et à la barbe bien fournie, de la même teinte soit dit en passant, a le regard bien ancré dans son visage. Des yeux qui en ont vu. Oh ! Vous me direz que La Presse choisit bien ses photos. Certes, mais peu importe l’angle, peu importe de toute façon, il est présenté ce matin comme un exemple de résilience. Et ça se voit car il y a un prix à la résilience.

Est-ce parce qu’il a eu gain de cause et qu’on lui reconnaît maintenant la paternité de sa création qu’il porte l’effigie de la résilience et qu’il devient un exemple pour tous ceux et celles qui en arrachent dans la vie? Avec la profession, avec la famille, avec le passé, avec l’argent…. Vous savez, ceux qui tentent par différents moyens, par différentes approches, par différents angles de vue de s’en sortir, vivant et plus encore, et de s’accomplir dans ce monde. Ceux qui ne lâchent pas, qui ne se lâchent pas.

La photographie de La Presse nous présente un homme aux traits marqués par la douleur du vol, par l’angoisse de n’être pas reconnu et par le fardeau de la preuve. Et la joie dans tout ça ! Où est-elle ? Est-il heureux, maintenant ? Est-il soulagé ? Et bien OUI. La photo nous parle de l’avant et, ici, la photo ne vaut pas mille mots. Car les propos de Robinson confirme que la joie de vivre accompagne la reconnaissance et que l’estime de soi, qui s’est écroulée sous le poids des années de tourments et de bataille, est, quant à elle, à rebâtir. Avec la joie au cœur et avec la reconnaissance de ses pairs, l’estime de soi a maintenant le vent dans le dos…

Circulent sur les trottoirs des villes des êtres en résilience, souvent incognito. On ne les reconnaît pas à leur écusson, faudrait y regarder de plus près ! Et, pour chacun et chacune d’entre nous qui persévère dans la traversée de l’ombre pour y trouver la lumière, il n’y a pas de mot… au fait, quelques mots seulement, ceux prononcés par le Maître Yoda dans La guerre des étoiles : QUE LA FORCE SOIT AVEC TOI !

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