mardi 29 septembre 2009

Oser

Je suis abonnée à un envoi matinal d’une coach de vie. Quelques mots, quelques phrases, des histoires de vie qui font sens et qui motivent pour entamer cette journée qui débute dans la conscience et avec le sourire.

À ma grande surprise, les tranches de vie n'ont pas toutes de la même consistance. Comme si le pain tranché qu’on achète au supermarché nous servait chaque matin des tranches inégales, plus ou moins épaisses. Certains matins, j’en ai pour mon argent, comme on dit. Même si c’est gratuit. Et c’est gratuit, de quoi est-ce que je me plains après tout…

D’autres matins, comme ce matin, quelques mots, une citation d’une personnalité connue et vlan… L’envoi arrive dans ma boîte aux lettres virtuelle (y a même pas de matière !). J’ouvre avec empressement et j’ai peine à trouver de quoi me mettre sur ou sous la dent. Quoique sous la dent…

Le jugement s'enchaîne à la surprise d’une maigre pitance. Mais pour qui se prend-elle ? Coach de vie… C’est gratuit et elle nous envoie seulement les amuse-gueules pour qu’on achète le plat principal ! Maudit jugement. C’est ce même bourreau qui agit quand je n’écris pas sur mon propre blogue. "De toute façon, personne ne te lit. Tu ne l’envoies à personne. Personne ne te lit. Justement, si tu n’as pas de lecteur, à quoi bon écrire et déposer des mots sur le web et les laisser mourir dans l’anonymat le plus total."

Au moins, elle, elle se lance, chaque matin, sans jugement sur la longueur, la pesanteur ou l’impact des mots. Elle écrit et envoie le contenu. C’est tout. Elle sait qu’on attend. Elle sait qu’on la lit en buvant notre café noir. Mais le sait-elle vraiment ? Et si, en voyant son nom, on glissait directement à la corbeille la récolte matinale. Elle ne le sait pas. On ne sait jamais. Ça ne se mesure pas, pas vraiment.

Et peu importe la pensée qui trotte entre les deux oreilles, quand on la laisse descendre un peu plus bas, au beau milieu de la poitrine, là où le cœur irradie de mille feux, les mots méritent de s’envoler vers d’autres cieux, vers d’autres lieux, vers d’autres yeux pour semer en ce monde le meilleur de soi.

C’est ainsi que la piètre pitance de ce matin est venue stimuler la plume de mes pensées et crée une enfilade de mots qui résonnent maintenant dans l’espace de votre journée. Encore faut-il dépasser les jugements, la petite voix intérieure qui tente trop souvent de nous garder dans le connu et dans l'immobilisme. Oser, aujourd'hui. Oser, c'est l'antidote à l'ennui et au vieillissement.

1 commentaire:

Unknown a dit…

un lecteur qui apprécie :-)