mardi 24 juillet 2007

Jenny la Miraculée

L'histoire de Jenny ressemble peut-être à celle de bien d'autres comme elle, simplement parce qu'elle n'est pas dotée de la faculté de douter. Ah! ce doute... telle une bulle de crazy glue au bout d'un stylo à billes....

J'ai même envie de l'envier, cette Jenny, pour son innocence et sa confiance inaltérable. Un exemple, certes, qui me côtoie tous les jours depuis 8 ans. Jenny est la pitou adorée de ma fille de 12 ans... bientôt 13. Une Shitsu-Bichon blanche qui, lorsque nous avons fait sa connaissance, était déjà baptisée. Faute de lui créer un traumatisme irréparable, elle porte toujours le même nom... qu'une cousine ! Faut s'y faire et ce n'est pas à s'y méprendre. Heureusement, et pour le chien et pour la cousine!

Toujours est-il que, l'an passé, l'incomparable Jenny s'est foutue le nez sur le dos d'un porc-épic. Des épines, en veux-tu en v'la. Et il a fallu que je crois, dur comme fer, à une légende rurale comme quoi il faut absolument couper les pics qui restent fixés à l'animal afin qu'ils ne migrent pas dans le corps de la pauvre éprouvée, en l'occurrence, Jenny. C'est une légende... la vérité est tout autre. En coupant les pics, ils ramollissent et deviennent impossibles à retirer. Il "aurait fallu", dis-je bien, une opération pour la modique somme, mesdames et messieurs, de 400$. À 20h le soir, en pleine campagne, difficile de trouver des ressources fiables, à bon marché et pas trop loin de la maison.

Ma fille s'inquiète, mon portefeuille pleure et moi, j'essaie de garder mon calme et de prendre une décision éclairée même si le vétérinaire, au bout du fil, ne fait aucun effort en ce sens en m'annonçant que, si je ne fais rien, la pauvre souffrira le martyre et risque même de mourir d'une hémorragie interne lorsque les pics perforeront ses organes vitaux. Rien de moins.

Nous tentons l'impossible en lui fournissant du Gravol, dose animale, question d'amoindrir ses réflexes afin de lui extraire les pics, méthode maison. Rien à faire, sa joie de vivre est plus forte que tout. On double la dose. Malgré le concours pharmacologique, la pauvre, que dis-je, la persévérante Jenny s'anime toujours à la mélodie de son nom. Quelques marches de l'escalier lui échappent et elle se roule sur le dos pour quêter quelques caresses au beau milieu de la nuit.

Finalement, des capsules d'ail, des comprimés de vitamines C et des séances de Reiki en quantité industrielle. Et "Pan" dit-il!
Et ce fut le premier miracle de Jenny. Certains pics sont sortis et tous les autres ont littéralement fondu en larmes devant tant d'amour et de grâce. Une année plus tard et Jenny est toujours et encore une amoureuse de la vie.

Dernièrement, notre célèbre miraculée a commencé à boiter. Consultation oblige et la vétérinaire est directe: excroissance des coussinets et champignons. Il faut opérer sinon elle souffrira et tralala. Toutefois, étant donné son âge avancé... Jenny ne regarde jamais en arrière.... quelle qualité! Donc, toutefois, elle souffre au coeur d'un souffle qui risque de l'emporter d'un seul souffle... OUF! Sans compter l'estimation des travaux!

On rapplique à la maison. Bains de pieds au Nutribiotic et Reiki, Reiki, Reiki. TALAM!

Ma Jenny, celle de ma fille assurément, est une enseignante hors pair. Au coeur de sa joie de vivre, malgré des désagréments qui emporteraient plus d'un humain sur des voies obscures et dégénérescentes, Jenny nous éclaire sur l'auto-guérison et l'amour.


Elle jappe à outrance, elle pique des excréments de chats dans la litière, me fait des flaques de pipi au bas de l'escalier spécialement pour que je m'y mouille au petit matin, elle grogne au moindre chuchotement extérieur... elle dort avec ma fille. Et l'épreuve des pics m'a propulsé dans un élan d'amour intense pour ce chien qui représente l'inconditionnel à l'état pur. Soudainement et miraculeusement, je l'ai aimé plus que tout. Je l'ai aimé tout autant que ses comportements m'agressaient auparavant. Comme quoi l'épreuve cache en elle la possible transcendance. Celle qui ouvre et éveille.

Aussi, chaque fois que je m'offre un Reiki ou qu'une personne me sollicite pour un soin, je rallume la grille d'amour planétaire et universelle. Chaque fois que je regarde Jenny et que je l'appelle "Ma Miraculée", je rallume cette grille en moi par l'amour qui m'habite et m'anime.

Jenny est mon idole et je l'aime pour ce qu'elle est, certes, pour ce qu'elle m'enseigne, assurément. N'y a-t-il pas près de chacun de nous un Maître enseignant qui se manifeste, simplement pour nous propulser vers l'avant de Soi, là où on projette une semence chaque fois qu'on dit "Je t'aime".

Aucun commentaire: