Quand on gravit la montagne, on ne voit le magnifique panorama qu'au sommet. Et on passe parfois des heures et, pour certaines excursions, des jours à gravir avant de savourer l'immensité du cadeau que l'élévation nous réservait.
Et bien, chères amies et amis, c'est toute une escalade que celle de vivre dans une famille recomposée! Je pensais qu'il n'y avait qu'au sommet que je retrouverais des points de vue splendides. Et bien pas du tout.
Tout au long de cette année écoulée depuis le début de mon engagement à gravir cette montagne de la recomposition familiale, le paysage m'a procuré plusieurs opportunités d'exploration avec lesquelles il a bien fallu que je compose. En montagne, on regarde et on admire le paysage. Ma montagne à moi, elle me plonge au coeur de mon paysage intérieur. Les points de vue sont si évidents, qu'il est impossible de les éviter, des les écarter, des les contourner, de les ignorer. Au coeur de cette montagne se cachait MOI, dans toute ma grandeur, certes, cachée et bien enfouie dans le tricot des limitations que je m'étais créé pour me protéger. Et voilà que l'escalade avec 4 enfants, deux adultes, deux chiens, deux chats et un poisson à bord dépasse grandement les prévisions météorologiques.
Et bien quoi ! Fallait y penser avant ! Et puis, on s'aime... et bien, il ne suffit pas d'aimer! Et s'il suffisait qu'on s'aime, comme dirait l'autre, on ferait de ce rêve un monde... Et, pour ne pas que ça vire au cauchemar pour tout le monde, il faut composer et recomposer cette mélodie familiale à chaque jour. L'oeuvre n'est jamais achevée, elle vibre au coeur d'enfants et d'enfants devenus adultes. Chaque onde musicale module chacun des membres de cette escalade. Et la montagne est haute et parfois aride et parfois riche de son feuillage et parfois pauvre d'ombre et généreuse de soleil... gare aux insolations !
J'arrive parfois essouflée au belvédère de mon Être, tentant d'être un chef d'orchestre et ratant ma prestation. Je m'asseoie quelques fois étourdie par l'élévation rapide et la rareté de l'oxygène. Faille reprendre mon souffle et devenir simple musicienne au coeur de cet orchestre familial. C'est avec humilité qu'on déserte le siège du chef. Par plaisir aussi, celui de faire partie d'un ensemble au lieu de se retrouver à l'écart. Passer du dessus pour vibrer au dedans. Et, modestement, pour participer au "work in progress" communautaire de la création de la "Mélodie du bonheur".